Exprimer et mettre en valeur des talents ou des passions des adhérents à notre association
5 Janvier 2024
À la naissance de notre fils en 1973, j’ai compris qu’il devenait le dernier maillon de la lignée familiale.
Cet évènement m'a fait prendre conscience que nous étions lui et moi au bout d’une chaine qui remonte à la nuit des temps. C’est à ce moment-là que j’ai entrepris de remonter cette chaine.
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Mes grands parents FRIESS - Le bébé sur la console est mon père
Je suis allé dans les mairies pour consulter les registres d’états civils.
En règle générale j’étais bien accueilli pour mon travail d'investigation. Très rapidement j’ai pu remonter jusqu'à la période de la Révolution française.
Nos ancêtres étaient essentiellement natifs d’Alsace. Toutefois Il m’a fallu trouver une solution pour déchiffrer l’écriture des documents de l’époque qui outre le français pouvaient être écrits selon les époques tantôt en allemand gothique tantôt en latin.
Voulant remonter le plus loin possible dans le temps, je suis allé à la Bibliothèque Humaniste de Sélestat où sont entreposés les registres paroissiaux de cette ville. J’ai été accueilli par le conservateur qui était un érudit. Ma quête a reçu un écho favorable. Il a recherché les registres écrits en latin dont nous avons admiré l’écriture.
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Intérieur de la bibliothèque humaniste de Séléstat
J’avais devant mes yeux un acte de naissance en date du 6 novembre 1718 (document ci-dessous) de mon ancêtre Martin FRIES fils de Joannis Jacobi FRIESS, et de Magdalena KRUCH (Le in à la fin indique que c’est une femme) et signé par Hans Jacob FRIESS ce qui dénote que mon ancêtre savait écrire ce qui était rare à cette époque
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🗺An mille sept cent dix-huit le six novembre fut baptisé MARTIN le fils du signataire Jean-Jacques FRIES, tailleur, et de Salomé KRUCH(IN) son épouse leur fils légitime. Le parrain est Jean VOGT pêcheur, la marraine est Anne-Marie BILGER épouse du défunt Martin WOLFF citoyen et pêcheur.
Le père à signé, la marraine a signé avec une croix
Au fur et à mesure j’ai confectionné un arbre généalogique sur un grand carton. Il avait belle allure.
Lorsque j’ai pris ma retraite en l’an 2000 j’ai repris mes recherches. C’est à ce moment-là que j’ai eu écho de la permanence d’une association de généalogie qui se tenait dans la ville voisine de celle où j’habitais. Je m’y suis rendu avec mon tableau dessiné sur le grand carton. Le président de cette association a eu un sourire lorsque je lui ai montré mon œuvre. Il m’a expliqué qu’à l’heure actuelle il y a des moyens plus simples avec des logiciels d’informatique pour faire un arbre généalogique.
J’ai donc entrepris dès lors de faire des relevés avec un logiciel spécifique : Hérédis.
Pour progresser dans mes recherches j’allais tous les mardis aux archives départementales de Strasbourg consulter les microfilms photographiés par les mormons. J’avais le soutien des membres de l’association plus exercés que moi pour ce travail. Pour me parfaire j’ai suivi des cours de paléographie allemande
https://www.alsace.eu/actualites/initiation-a-paleographie-allemande/
J’ai adhéré à l’association des généalogistes du piémont des Vosges (AGPV : https://genealogie-piemont-vosges.fr/)
J'ai commencé la réalisation de livres des familles de certains villages environnants.
Ces livres des familles permettent à chaque particulier de faire un arbre avec facilité.
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A l’heure actuelle les registres paroissiaux et d’état-civils sont en ligne sur les sites des archives départementales. Pratique : ça évite les déplacements en nous permettant au sein de l’association de travailler à domicile avec deux ordinateurs.
Ces recherches me permettent d’imaginer le quotidien des ancêtres en visualisant leur métier : journalier, cultivateur, boulanger, charron, maréchal ferrant, tavernier, tailleur d’habits… la liste est énorme. Cela permet également d’imaginer leur vie quotidienne avec la naissance des enfants qui n’était pas toujours désirée. Le décès de l’un d’eux était un soulagement : il y avait une bouche de moins à nourrir. Le décès d’un père jeune laissant une veuve avec des enfants était un drame : il fallait se remarier.
Ces recherches sont également une plongée dans la grande Histoire avec les personnes tombées sur les champs de bataille. Malheureusement les guerres étaient très fréquentes.
La généalogie permet aussi de se poser la question « Quelles traces vais-je laisser aux générations futures ? »
En faisant ces études sur les origines de ma famille les souvenirs sont remontés. Je regrette de ne pas avoir assez dialogué avec mes anciens pour immortaliser leur vécu. Pour éviter ce sentiment à mes descendants j’ai rédigé ma biographie, l’ai faite imprimer et l’ai offerte à mes enfants et petits-enfants.
Je recommande à chacun de le faire car cela procure une grande satisfaction de léguer aux suivants un récit de soi qui éclairera un passé qui leur appartiendra désormais pour qu’ils poursuivent à construire cette chaine de la vie.
J’ai également écrit deux livres pour immortaliser la pratique des sobriquets (Dorfname) à Bischoffsheim et à Krautergersheim. Ces livres se sont vendus à 500 exemplaires chacun.
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Dans un prochain épisode je vous raconterai l’origine de ces surnoms et leur construction.